Bugaled-Breizh. La destruction de l’épave se précise





Renflouée en juin 2004, l’épave du Bugaled-Breizh est au sec, à Brest, depuis quatorze ans.
Renflouée en juin 2004, l’épave du Bugaled-Breizh est au sec, à Brest, depuis quatorze ans.

Évoquée depuis plusieurs mois, la démolition de l’épave du Bugaled-Breizh pourrait intervenir rapidement. Le parquet général vient d’écrire aux parties civiles pour les en informer. Cinq marins avaient péri dans le naufrage le 15 janvier 2004.

Évoquée depuis près de deux ans avec la validation, en juin 2016, par la Cour de cassation du non-lieu dans l’affaire du naufrage du Bugaled-Breizh, la destruction de la coque du chalutier de Loctudy (29) pourrait être ordonnée dès le mois de septembre prochain. C’est le sens des courriers adressés il y a quelques jours par le parquet général aux parties civiles.

Sous la garde de l’État dans l’enceinte du port militaire de Brest, l’épave renflouée en juin2004, six mois après le naufrage au large du Cap Lizard, attend depuis quatorze ans. « Si au 1er septembre prochain on n’a pas donné d’instructions sur le retrait de l’épave, ils vont procéder à sa destruction », confirme Me Delphine Gicquelay, du cabinet Kermarrec, l’avocate de Michel Douce, l’armateur du chalutier. Une récupération que son client, confronté à une situation inextricable, n’envisage pas : « C’est assez compliqué de le voir partir alors qu’on n’a pas encore de solution sur l’affaire. Cela aurait été différent si on avait eu la vérité. On a l’impression qu’on tourne la page alors que le dossier est toujours en cours », poursuit l’avocate.

Statu quo en Angleterre

Il y a bien eu un contact avec un artiste qui souhaitait racheter l’épave pour en faire une œuvre d’art. « Il n’a pas donné de suite ». Seule une demande de la justice britannique pourrait retarder la destruction du chalutier. Le procureur général a écrit aux autorités judiciaires d’outre Manche pour les avertir de son « intention de procéder à l’enlèvement et à la destruction de l’épave ». Mais depuis la dernière audience du 15 novembre 2017, « il ne s’est pas passé grand-chose », avoue Me Benoît Drouan, en charge de la procédure britannique au cabinet Kermarrec. La suite de l’affaire est désormais suspendue aux conclusions de l’expert nommé par la coroner. Mais la procédure traîne en longueur. Aucune audience n’a été programmée. Dans ces conditions, il est peu probable que la justice britannique ait besoin de l’épave qu’elle devrait de toute façon enlever à ses frais. « Il y a eu des relevés très précis réalisés sur la coque. Il y a les fichiers informatiques », indique l’avocat.

Me Tricaud ne jette pas l’éponge

La suite logique est la destruction du Bugaled-Breizh. La disparition d’un symbole pour les parties civiles, étendard d’un combat pour que la vérité soit faite sur le naufrage et les circonstances de la mort des cinq marins pêcheurs du port bigouden.
Pour sa part, Me Tricaud, avocat de Thierry Lemétayer, partie civile reste convaincu que la vérité sortira un jour : « Ces dernières années, on a vu des infos « off » sortir sans que les personnes ne souhaitent témoigner officiellement mais ceux qui savent parleront avant d’être sur leur lit de mort ». Pointant du doigt, le sous-marin anglais Le Turbulent. Il lance un appel « à ceux qui savent pour qu’ils libèrent leur conscience ». « L’an prochain et malgré la lassitude qui nous étreint, on va interrompre la prescription qui menace ce dossier, ce qui nous donnera un nouveau délai de dix ans pour intégrer toute nouvelle information ».

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