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Henry de Monfreid et Rémy Lavigne: Rencontre en Abyssinie



Editions L'Harmattan, 2007 - 125 pages
Henry de Monfreid avait trente-deux ans au moment de sa rencontre avec Rémy Lavigne. Il n'était pas encore ce personnage hors du commun, souvent considéré, avec le recul du temps, comme un aventurier sulfureux " racheté " par l'écriture. Arrivés tous deux en Abyssinie en 1911, à trois mois d'intervalle, ils étaient employés chez des négociants dans des maisons de commerce concurrentes, l'un dans le Tchertcher, l'autre à Addis Abeba. Comme Arthur Rimbaud, vingt-cinq ans plus tôt, Henry de Monfreid et Rémy Lavigne ont peiné à dos de cheval ou de mulet sur les mêmes routes de désert ou de montagnes, supporté les caprices d'un climat éprouvant, bravé des risques identiques tous les jours : attaques de pillards, guérillas entre ethnies... sans oublier les fièvres et les animaux sauvages ! En 1914, au moment où la guerre éclate en Europe, Rémy Lavigne et Henry de Monfreid étaient devenus des amis et même des associés dans des entreprises quelque peu hasardeuses en mer Rouge. Henry de Monfreid a évoqué brièvement le sujet dans Les Secrets de la mer Rouge. Un témoignage manquait : celui de Rémy, son seul ami européen. Comment se sont-ils rencontrés ? Pourquoi sont-ils devenus ensemble des aventuriers " en herbe " ? On le découvre dans la correspondance (une soixantaine de lettres, un carnet de voyage, quelques photographies), récemment retrouvée, de celui que, dans ses écrits, Henry de Monfreid appelait " mon ami Lavigne ".

Henry De Monfreid


Henry de Monfreid (1789-1974) est à classer dans la catégorie des " écrivains-aventuriers ". Son père, peintre et ami de Gauguin, lui a légué la passion de la mer. Au début du XX siècle, l'aventure coloniale est à la mode. En 1911, Monfreid débarque à Djibouti, petit comptoir français sur les bords de la mer Rouge. Commence alors une vie d'aventures qui se poursuivra jusqu'à la fin de sa vie. En Ethiopie, il se fond aux indigènes, apprend leur langue et leurs coutumes et se convertit même à l'islam. Pour eux, il sera Abd el Haï, " l'esclave du vivant ". L'appel du large le motive au point qu'il construit lui-même ses bateaux, dont trois boutres qui parcourent les mers, l'Ibn-el-Bahar, l'Altaïr et le Moustérieh et transportent armes, perles et haschisch presque toujours à la barbe des Anglais. Une rencontre, celle de Joseph Kessel, le pousse à écrire. Paraissent alors les premiers récits d'aventures vécues et romans pittoresques dont le succès est immédiat : Les secrets de la mer Rouge, Pilleurs d'épaves, La Croisière du haschich... Beaucoup de ces récits sont publiés dans les journaux de l'époque. On suit avec intérêt les tribulations de ce " Loti " aventurier, devenu correspondant de guerre dans les années qui voient se précipiter le second conflit mondial, et qui se fait le chantre de l'aventure coloniale italienne en Abyssinie, au terme de démêlés violents avec le Négus et les Britanniques. Prisonnier des Anglais et déporté au Kenya, il y vivra, une fois libéré, plusieurs années heureuses, parmi les animaux. De retour en France, il tentera plusieurs fois, à nouveau, l'aventure en mer. Cet album retrace sa vie tumultueuse avec force détails et anecdotes, sur fond d'époque tourmentée. On redécouvre une Ethiopie oubliée où le Négus régnait en maître. De nombreux documents d'époque et d'étonnantes plaques de verre coloriées par Monfreid nous plongent dans l'univers intime de l'un des derniers grands aventuriers du XX siècle.




Site Officiel De Monfreid

Plan Boutre - Sambouk





INTERVIEW HENRI DE MONFREID

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