La renaissance de l'Hermione


À une demi-heure de route du pont de l'île de Ré, se produit un miracle. Depuis quinze ans, des passionnés travaillent à la construction d'une réplique de l'Hermione, une frégate du XVIIIe siècle sur laquelle La Fayette navigua vers les États-Unis. En juillet prochain, une première mise en eau aura lieu. Mais le chantier ne sera pas achevé avant 2014. Le compte à rebours est lancé. Visite dans les coulisses de l'Hermione.

Au XVIIIe siècle, il avait fallu 300 hommes et six mois pour construire l’Hermione. Trois siècles plus tard, les temps… et les effectifs ont changé. Au début des années 1990, l’association Hermione-La Fayette voyait le jour avec un projet fou en tête : la reconstruction d’un navire créé par l’arsenal de Rochefort. Après cinq années à faire des recherches historiques et convaincre les partenaires publics et privés, le projet pouvait être lancé. En 1997, la première pièce du navire était posée. Le chantier devrait s’achever en 2015, soit dix-huit ans après. Au total, une vingtaine d’hommes et de femmes y travaillent en permanence depuis le début, et l’association estime à une centaine le nombre d’emplois induits par le chantier. Certes, l’aboutissement de cette formidable aventure reste la traversée de l’­Atlantique vers les États-Unis, suivant la route empruntée par La Fayette en 1780, lorsqu’il était mandaté par le roi de France pour soutenir l’Indépendance des Américains. Mais, ces quinze années de chantier resteront, sans doute, l’étape la plus importante de ce pari insensé.
D’ici quelques mois, le 6 juillet prochain, la coque de l’Hermione sera mise à l’eau pour la première fois. Cette étape, bien que cruciale, ne marque pas la fin du chantier pour autant. Le navire regagnera la forme Napoléon III, juste à côté de celle qui l’abrite depuis le début, pour les opérations à venir (voiles, gréement, mâture). Plus de deux ans seront encore nécessaires pour achever la reconstruction de l’Hermione, entraîner le futur équipage constitué de 70 personnes (parmi ­lesquels 25 professionnels qui encadreront les stagiaires). À l’origine, 318 hommes naviguaient à bord de l’Hermione.


Du pont supérieur à la cale


Depuis ses débuts, l’association Hermione-La Fayette a à cœur de faire participer le grand public à cette aventure. Ainsi, le chantier est ouvert à la visite. Aujourd’hui, deux types de parcours s’offrent aux visiteurs : la visite libre, qui permet de faire le tour de l’extérieur de la coque, et la visite guidée qui offre la possibilité de pénétrer dans le navire. Nous ne saurions que trop vous conseiller d’opter pour la seconde option (1). En effet, en posant le pied sur le pont, vous aurez la sensation d’être un privilégié, pour ne pas dire un pionnier. Votre guide du jour vous conduira successivement dans le “ventre” du navire, du pont supérieur au pont de batterie où l’on voit l’emplacement des canons, puis l’espace où les marins dormaient. Le plafond y est bas afin d’optimiser l’espace au maximum. Et, enfin, dernière étape, la cale où étaient entreposées les vivres, les voiles et la poudre des canons.
L’extérieur de la coque est aussi impressionnant que l’intérieur, avec un lion magistral en figure de proue, posé en novembre dernier, et le tableau arrière sur lequel on peut lire le nom du navire et son blason. Les couleurs, elles aussi, attirent l’œil. Ce sont les mêmes que sur la première Hermione. Autour du chantier, les ateliers sont également ouverts au regard du public. Il y voit les différents corps de métiers travailler, de la voilière aux forgerons en passant par les gréeurs, les charpentiers… Des gens passionnés et passionnants, très attachés au chantier, dont certains y ­travaillent depuis le début.


À la recherche de mécènes


Depuis son ouverture au public, le chantier a attiré plus de 3 millions de personnes, avec une moyenne de 250 000 visiteurs par an (plus de 270 000 en 2011). Ils viennent principalement de la région Poitou-Charentes, mais aussi de région parisienne, voire même, de l’étranger. Les scolaires ne sont pas en reste avec environ 20 000 écoliers accueillis chaque année. Les enfants disposent d’ailleurs d’un parcours qui leur est dédié.
Ces visites sont la principale source de revenus de l’association Hermione-La Fayette pour financer le chantier. D’autres soutiens existent, comme l’adhésion à l’association (qui compte déjà plus de 6 000 membres), les dons (déductibles des impôts), ainsi que la participation à l’opération “Votre nom pour l’Hermione”. Moyennant un minimum de 10 €, votre nom sera inscrit sur la voile de pavillon du navire. Une façon de voir son patronyme entrer dans la postérité en quelque sorte. L’opération a déjà séduit 6 000 signataires.
Ces contributions sont essentielles pour mener le projet à son terme. À l’heure actuelle, il manque 1,4 million d’euros pour achever le chantier (sans compter le voyage et le séjour aux États-Unis). Et, dans cette démarche, nos cousins d’Amérique sont, eux aussi, appelés à la rescousse. Une fondation, baptisée Friends of Hermione La Fayette in America, a été créée. Présidée par Howard Leach, ancien ambassadeur des États-Unis à Paris, basée à New York, cette organisation a pour but de fédérer des réseaux de soutien outre-Atlantique (le projet Hermione prévoit également la mise en place d’une mission culturelle franco-américaine), et de lever des fonds afin d’assurer le financement. En attendant de voir, un jour, le pavillon de l’Hermione battre au large de Boston…

Source LePhareDeRé

Site de L'Hermione

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